À la rencontre des membres du Voisinage

6 septembre 2019 | Rachel Touchette

Texte par Rachel Touchette et photos par Elohise Marineau, membres de l’équipe des communications créatives

En cette période de rentrée scolaire, une quinzaine de jeunes adultes participant à l’initiative Le Voisinage à Québec se sont rassemblés dans un centre de retraite en Beauce pour se préparer à vivre en communauté. Leur mission cette année est de faire connaître Jésus parmi les étudiants et les résidents du quartier à proximité de l’Université Laval. Nous nous sommes joints à eux pour les rencontrer et en apprendre plus sur leur projet.

L’amour qu’ont ces jeunes adultes pour Jésus était visible et nous avons été touchés par leur joie d’être ensemble et de se lancer dans ce projet communautaire. Les repas et les activités de groupe se mêlaient aux séances d’information et de planification, ce qui leur a permis d’apprendre à mieux se connaître et de rire ensemble.

Le Voisinage est constitué de deux Maisons Impact, l’une composée de cinq gars et l’autre de six filles. À partir de juillet, les membres ont progressivement emménagé dans les deux maisons. Certaines des filles venaient d’y emménager quelques jours seulement avant la retraite. Parmi les participants, il y avait aussi des étudiants chrétiens qui n’habiteront pas dans l’une des Maisons Impact, mais qui veulent prendre part aux activités de celles-ci comme les repas en commun hebdomadaires.

L’enthousiasme d’une nouvelle aventure était palpable. Il y a quelque chose de très satisfaisant dans le fait de passer de la théorie au concret. En tant que chrétiens, nous parlons souvent de l’importance de s’aimer les uns les autres en citant les paroles que Jésus a prononcées à ses disciples avant de quitter la terre : « C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jean 13.35) Les Maisons Impact sont une merveilleuse occasion de mettre en pratique ces paroles de Jésus.

Pendant les séances de formation, les leaders ont souligné les trois valeurs que les Maisons Impact mettent de l’avant : l’amour, l’hospitalité et le service. Ils ont aussi mentionné l’importance d’être bien enracinés en Jésus, l’incarnation parfaite de ces trois valeurs. Jésus dit dans Jean 15.4-5 : « Demeurez en moi et je demeurerai en vous. Le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même, sans rester attaché au cep; il en va de même pour vous si vous ne demeurez pas en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » Les membres de la communauté Le Voisinage devront rester attachés à Jésus pour pouvoir manifester son amour et se servir les uns les autres ainsi que les personnes qui seront accueillies dans leurs maisons.

Nous avons jasé avec quelques membres des Maisons Impact sur les raisons qui les ont poussés à s’impliquer dans ce projet et sur leurs attentes. Voici ce qu’ils nous ont partagé :

Alice Tremblay, étudiante au baccalauréat en sciences du langage à l’Université Laval

« Quand j’ai entendu parler du projet, je trouvais vraiment que c’était une belle initiative et une belle façon d’aller rejoindre les gens qu’il y a autour de toi et une manière très concrète de parler de Dieu dans ton milieu où tu te trouves. Je me demande si aller à l’école ça vaut vraiment la peine, j’aimerais ça partir en mission. La Maison Impact me permet de concilier les deux d’une certaine façon. Le Québec est un champ missionnaire autant que n’importe quel autre pays. Je trouvais que c’était vraiment une façon pour moi de pouvoir continuer à étudier tout en étant dans un vrai champ missionnaire et travailler de façon concrète pour Dieu.

Quand tu fais de l’évangélisation, il y a moins le suivi avec les gens. C’est souvent un contact une fois et ensuite tu ne sais pas trop ce qui arrive avec la personne. Tu ne sais pas si tu vas la recroiser. L’Université Laval, c’est une université de 30 000 personnes et plus, c’est gros. Ce que j’aime vraiment de ce projet, c’est que le but est de créer des liens et d’apporter Dieu dans ce contexte-là après avoir créé des liens, après avoir connu la personne, ce qui est une façon vraiment excellente parce que les personnes à qui tu témoignes dans ton entourage, c’est souvent les personnes que tu finis par toucher le plus parce qu’ils voient ta vie, ils voient tes actions. »

Gabriel Phénix, étudiant à la maîtrise en génie chimique à l’Université Laval

« L’évangélisation traditionnelle ne rejoint plus les gens. J’ai fait beaucoup d’évangélisation avec Pouvoir de Changer. [Gabriel est impliqué dans le ministère de P2C depuis 5 ans.] Juste communiquer un message n’est plus une bonne façon de connecter avec les gens. Je veux mettre à profit mes talents en évangélisation avec P2C et ajouter à cela le sacrifice pour les autres, le service. Il y avait moins de suivi avec l’ancienne méthode d’évangélisation. Les gens sont plus attirés par l’hospitalité. Ça impressionne les gens. Voir des chrétiens à l’oeuvre, ça suscite des questionnements. »

 

 

Laurianne Bouchard, ancienne étudiante de violon au Conservatoire de musique

« J’ai emménagé dans la Maison Impact le 1er juillet. Il fallait que je sorte de mon cercle, que j’aille dans un cercle commun. J’ai été inspirée par une phrase dans le livre Si tu veux aller loin de Ralph Shallis : Tu n’es pas une bouteille.* Après ma conversion il y a deux ans, j’ai passé trois mois plongée dans ma Bible. Individuellement, j’avançais. Ma bouteille se remplissait, mais le bouchon allait sauter. Une bouteille contient une quantité maximum d’eau. J’ai prié que le Seigneur m’amène du monde. La Maison Impact est une réponse à cette prière.

Nous [les résidentes de la maison] voulons prier ensemble tous les soirs. Une amie non chrétienne s’est jointe à nous pour un de nos moments de prière et elle était touchée, elle avait des larmes aux yeux. On ne se rend pas compte à quel point de tout petits gestes peuvent avoir un grand impact dans la vie des autres. La Maison Impact, c’est la maison du Seigneur qui a un impact sur nous et sur les autres. On veut se former en tant qu’ouvriers pour entretenir les semences, pas juste les disperser un peu partout. »

 


*Extrait complet du livre Si tu veux aller loin de Ralph Shallis (p. 38-39) : Tu n’es pas une bouteille. On croit souvent pouvoir obtenir la plénitude de l’Esprit comme on remplit une bouteille de champagne, qu’on prend soin de bien boucher, sans oublier de coller la belle étiquette explicative, en pensant pouvoir dire pendant le reste de sa vie et à tout le monde : « Je l’ai eue telle et telle année! » Mais une bouteille dans la cave ou même sur la table, à quoi bon, si elle n’est pas ouverte et son contenu déversé? En fait, il ne nous est pas possible d’avoir la plénitude du Saint-Esprit de cette façon. Nous ne pouvons posséder Dieu et le garder rien que pour nous. Salomon dit avec raison que les cieux et les cieux des cieux ne peuvent contenir Dieu. Combien moins nous!

Nous ne connaîtrons la plénitude de l’Esprit que dans la mesure où nous laisserons Dieu passer au travers de nous. L’âme de l’homme n’est pas une bouteille! Elle ressemble plutôt à un tuyau ou à un fil électrique ou, mieux encore, au lit d’un torrent ou à une rivière. La rivière est pleine d’eau uniquement si elle remplit à chaque instant les deux conditions suivantes : elle doit recevoir sans cesse l’eau de la montagne et elle doit sans cesse la laisser couler plus bas dans la vallée. Nous ne pouvons être remplis du Saint-Esprit que si nous recevons à chaque instant cette plénitude de Dieu et si nous la communiquons fidèlement au monde autour de nous; nous sommes alors une rivière et non pas un étang; nous sommes un canal et non pas une bouteille.

Au sujet de l’auteur

Rachel Touchette

Rachel Touchette s’est jointe à l’équipe de Pouvoir de Changer – Étudiants en 2014 comme traductrice et rédactrice. Les langues et la musique figurent parmi ses plus grandes passions, mais avant tout, elle désire faire connaître Jésus dans la francophonie.

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