La vérité sur le travail en commun

« Ha! Encore un projet de groupe! »

Si tu t’en plains avec tes ami.e.s, ils seraient probablement tous d’accord avec toi. Les têtes hocheraient, et quelqu’un te répondrais: » À qui le dis-tu: j’ai cinq groupes cette session! « . On dirait que les professeurs aiment confier des travaux de groupe et que les étudiants tentent à tout prix de les éviter. De toute évidence, ces deux groupes (sans jeu de mots) ne voient pas les choses de la même façon.

Du point de vue des étudiant.e.s, c’est facile d’imaginer que les professeurs préfèrent les projets de groupe parce qu’ils nécessitent moins de correction. Mais du point de vue d’un bon enseignant, les travaux de groupe sont en fait une partie essentielle de l’éducation. La vérité sur le travail en groupe pourrait te surprendre.

Regardons les choses en face: la plupart du contenu qu’on apprend en classe pourrait être trouvé sur Internet – bonjour Wikipedia! Un enseignant de qualité ne se contente donc pas juste de partager du contenu, mais il te donne l’occasion de développer des compétences, comme celle de bien travailler avec d’autres êtres humains.

Chaque projet de groupe est une occasion de grandir en tant que personne et en tant que professionnel. C’est une chance de s’améliorer en:

  • Communication écrite et verbale entre collègues;
  • Organisation de soi et des autres;
  • Délégation;
  • Gestion de projet et flot de travail;
  • Résolution de conflits et établissement de rapports.

Tu peux parler de ces compétences, mais pour les connaître, tu dois les mettre en pratique.  Peut-être qu’il est temps d’accorder à tes projets de groupe le bénéfice du doute, parce que pour vrai, ils peuvent t’enseigner des leçons plus importantes que ne le feront jamais tes manuels scolaires.

L’école est la meilleure occasion d’apprendre ces leçons: c’est un endroit sûr pour échouer. Ça n’en a peut-être pas l’air quand tes notes sont en jeu, mais comparé avec les salaires, les carrières et peut-être même les vies en danger, les enjeux d’un devoir sont beaucoup plus faibles.

Même pendant la pandémie, la collaboration est restée importante. L’acquisition de compétences en matière de travail de groupe ne doit pas être mise en veille. D’ailleurs, qui sait? Tu pourrais te retrouver à travailler à distance à long terme, ce qui nécessiterait une collaboration semblable sur Internet.

Bien sûr, c’est peut-être vrai que certains professeurs utilisent les projets de groupe comme un moyen de réduire leur charge de travail. Mais plutôt que d’essayer de discerner l’intention de ton prof, en tant qu’étudiant.e, ces réflexions te sont plus utiles: Que veux-tu retirer de tes projets de groupe? Que peuvent-ils t’apprendre?

La bonté des groupes

Au-delà de l’acquisition d’un ensemble de compétences utiles, les projets de groupe ont le potentiel d’apporter beaucoup de bonté dans le monde. En rassemblant des individus uniques, l’horizon des possibilités s’élargit, parfois de manière inattendue. En travaillant ensemble, de nouvelles choses – idées, systèmes, produits – voient le jour, des choses qui n’existeraient pas autrement. La créativité se développe. Les individus peuvent en effet produire eux-mêmes de bonnes choses, mais il existe une puissance exponentielle lorsque les gens travaillent ensemble. S’il n’y avait pas d’efforts collectifs, il y aurait moins de bonté dans le monde.

Oui, dans le contexte d’un cours de chimie de première année, un groupe peut ne pas faire un travail révolutionnaire pour le bien de la science. Mais il a la capacité de rendre un excellent travail, ce qui est un bien en soi. Et les projets de groupe ne sont pas seulement un phénomène du système éducatif. Tu auras de nombreuses occasions de collaborer tout au long de ta vie, créant ainsi de bonnes choses:

  • Une appli utile quand tu t’associes à des amis entrepreneurs pour lancer une start-up.
  • Un beau jardin quand tu travailles bénévolement avec des horticulteurs locaux.
  • Une étude biblique en ligne accueillante quand tu encadre d’autres personnes dans ton église.
  • Une politique publique plus équitable quand tu travailles avec des collègues dans un service des ressources humaines.
  • Un environnement familial enrichissant quand tu cultive l’hospitalité avec ton mari/ ta femme ou tes colocataires.
  • Peut-être même un vaccin important quand tu collabores avec des professeurs et d’autres chercheurs du monde entier.

Ça peut te surprendre de penser à ces projets en tant que projets de groupe, mais en pensant ainsi, on normalise les travaux de groupe, plutôt que d’être simplement quelque chose qu’il faut subir. Le travail de groupe n’est pas un exercice éducatif forcé, mais l’une des formes les plus claires de la réalité.

Cette réalité de la vie en tant que collaboration est suffisamment grande pour s’étendre au-delà de l’humanité et jusqu’au divin. En tout cas, dans le récit chrétien, non seulement les humains sont invités à travailler les uns avec les autres, mais Dieu les invite à travailler avec lui dans son projet de renouvellement de toutes choses. Ce Dieu est très intéressé par la restauration, mais pas sans impliquer les autres dans le travail de guérison. Bien que l’on raconte qu’il a fournit de la nourriture directement du ciel, normalement, les humains obtiennent de la nourriture en la cultivant, la récoltant et la préparant les uns pour les autres. Bien qu’il y ait des histoires où Dieu a guéri instantanément les maladies et les blessures, la façon normale dont les humains se rétablissent c’est par les soins des autres.

Les efforts d’un groupe peuvent être un microcosme de renouveau, une participation à la grande bonté de la restauration qui a lieu maintenant et qui sera un jour achevée. Ça vaut la peine d’y réfléchir: Que veux-tu apporter au monde? Quelle sera ta contribution?

C’est le bon moment pour réfléchir à ces questions alors que les moyens habituels de se préparer à contribuer au monde (par exemple, en faisant des études) sont perturbés. Cette pause a peut-être aussi été un bon cadeau.

Bien sûr, ce ne sont pas tous les groupes qui créeront de belles choses bénéfiques. Certains efforts de groupe font du tort, au lieu de participer à la réparation. Cependant, la question n’est pas de savoir si un groupe va apporter quelque chose au monde, mais qu’est-ce qu’il va apporter. Les groupes les plus dysfonctionnels créent aussi quelque chose, même s’il ne s’agit que de sentiments de stress, de colère ou de peur! Lorsqu’un groupe ne termine pas sa mission ou ne réussit pas à la mener à bien, il a quand même apporté quelque chose au monde, dans la mesure où le processus lui-même a touché la vie des membres du groupe. La question est alors de savoir si c’est beau.

La beauté d’être interdépendants

L’avantage du travail en groupe réside dans la manière dont il permet d’enseigner des compétences précieuses. La bonté du travail de groupe réside dans la manière dont il apporte à l’humanité des innovations et des résultats. La beauté du travail de groupe réside dans la façon dont il transforme les membres individuels du groupe.

Il semble que la meilleure collaboration se fasse à la vitesse des relations. En d’autres termes, plus les gens se connaissent, plus ils travaillent efficacement ensemble. Et à mesure que les gens se voient et se connaissent, la transformation se produit lentement.

Le travail de groupe a la capacité de façonner non seulement ce que tu peux faire ou ce que tu peux produire, mais aussi qui tu es en tant que personne. Il peut contribuer à former ton caractère vers:

  • le respect en écoutant les opinions et les idées des autres;
  • La gentillesse en parlant avec tact;
  • La patience, en t’adaptant aux horaires des autres;
  • La persévérance, puisque en groupe vous vous motivez mutuellement pour continuer à avancer;
  • L’humilité, lorsque tu prends conscience de tes limites;
  • La grâce et le pardon lorsque tu es confronté aux limites des autres.

Ces qualités viennent avec le temps, mais aussi avec l’intentionnalité. Ça peut consister à chercher à voir la beauté intérieure des membres de ton groupe. Les autres personnes sont géniales, avec des personnalités, des perspectives et des passions uniques qui valent la peine d’être appréciées, voire d’être apprises. Travailler ensemble – indépendamment des compétences qui peuvent être développées ou non, ou des résultats qui peuvent être atteints ou non – est précieux en soi.

Les projets de groupe sont beaux parce qu’ils nous aident à devenir de belles personnes. Alors que nos caractères sont testés et façonnés par ceux avec lesquels tu travailles actuellement à l’école (ou dans d’autres contextes), ça vaut la peine de se demander Qui – non pas quoi, mais qui – veux-tu être?

Ton premier réflexe est peut-être de te plaindre quand on te demande de travailler avec d’autres personnes. Mais ne néglige pas la vérité, la bonté et la beauté que les projets de groupe peuvent offrir.

Au sujet de l'auteur

Sam Robins

Sam aime écrire: des articles de blogue, des nouvelles, de la poésie, et même des travaux universitaires au McMaster Divinity College, à Hamilton, ON. Sinon, tu trouveras probablement Sam en plein air, que ce soit sur une bicyclette, dans un canoë ou quelque part perdu dans les bois.

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