Par Patrick Erskine

Je hais les congrès, surtout les congrès chrétiens. Ils sont pleins de gens un peu trop zélés au sourire ridicule qui se promènent partout avec leur Bible. Vous les connaissez : ils lèvent les mains et dansent pendant la louange comme s’ils étaient ivres d’une boisson à saveur de Jésus, donnent des accolades à droite et à gauche et ne peuvent pas attendre de vous demander comment va votre marche avec Dieu. Si vous ne savez pas de quel type de personne je parle, vous êtes probablement l’une de ces personnes.

 

Dieu a vu derrière ma façade

Je ne pense plus comme ça, mais c’est la manière dont mon petit cerveau prétentieux et soi-disant éclairé fonctionnait quand j’étais dans ma deuxième année d’études universitaires. Je n’en parlais pas souvent parce que je ne voulais pas que tout le monde me haïsse, mais ce sont les idées qui me trottaient dans la tête chaque fois que je me tenais avec d’autres chrétiens. Alors comment ai-je fini par me retrouver dans ce congrès après tout? Bien, honnêtement, je n’avais pas prévu y aller.

Je me suis joint à Pouvoir de Changer dans ma première année d’études universitaires, mais je n’ai pas assisté à P2C+ la première fois parce que ça ne m’intéressait pas du tout. La deuxième année, une amie de la famille m’a demandé si j’allais y participer. Je lui ai répondu « probablement que non » en donnant comme raison principale des contraintes financières. À ma grande surprise, elle m’a tendu un chèque qui couvrait le coût au complet et elle m’a fait un sourire qui en disait long. Elle voyait derrière ma façade, et Dieu aussi.

Fantastique. P2C+, j’arrive. Fantastique.

Malgré mon attitude négative, j’ai eu du plaisir. Je me moquais encore du groupe de chrétiens un peu trop zélés, mais ils m’ont suffisamment attiré pour me donner le désir d’y retourner l’année suivante. C’est à ce moment-là que Dieu a décidé de me surprendre dans mon profond cynisme.

 

Abasourdissement total

Chaque année, il y avait un jour d’évangélisation qui nous donnait l’occasion de mettre en pratique l’Ordre missionnaire dans notre vie. (Si vous ne savez pas de quoi je parle, ça se résume comme ceci : Matthieu 28.16-20. Faites une recherche dans Google ou allez voir dans une Bible.) Certains groupes se rendaient dans des immeubles résidentiels pour distribuer des copies du Film Jésus dans des quartiers à forte densité environnants. D’autres groupes allaient parler à des gens au hasard dans la rue et entretenir avec eux des conversations spirituelles.

Cette année-là, on voulait essayer une nouvelle méthode. On a demandé aux membres d’un des groupes d’apporter leur ordinateur portable à l’une des salles du congrès et d’essayer d’engager des conversations spirituelles avec leurs amis. Je me retrouvais dans ce groupe. J’étais très heureux! Non parce que j’étais enthousiaste à l’idée de partager ma foi, mais parce que je n’avais pas besoin de parler à des gens au hasard dans la rue. Ça sera facile, me suis-je dit. Je vais simplement naviguer sur Facebook pendant un bout de temps et faire ce que je fais de mieux : gaspiller du temps précieux.

Mais tout à coup, sans même faire d’effort, je me suis mis à avoir une conversation intensément profonde avec ma sœur au sujet de la foi. Mon cœur battait fort; ma famille n’a pas l’habitude de discuter de ces choses et d’après ce que je savais, ma sœur n’était plus chrétienne. Nous avons fini par avoir une merveilleuse discussion qui a ouvert la voie à d’autres conversations plus tard.

Vers la fin de la période d’évangélisation, une notification de message reçu est apparue dans mon compte Facebook. C’était mon ami Peter de l’école primaire. Je lui avais envoyé un lien à une vidéo décrivant l’amour de Dieu, mais je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’il me réponde. Il m’a dit qu’il s’est senti poussé à regarder la vidéo et qu’il a fondu en larmes à la moitié. Il m’a dit qu’il sentait que Dieu le poursuivait depuis un certain temps déjà, et que lorsqu’il regardait la vidéo que je lui avais envoyée, il ne pouvait plus refouler ses émotions.

 

Dieu m’a utilisé malgré moi

Mon interaction avec lui n’était probablement qu’un tout petit coup de pinceau dans la grande murale que Dieu peignait pour sa vie, mais celui-ci était tout de même important. Bien entendu, comme vous vous en doutez bien, je n’ai pas de raison de me vanter. J’étais un participant réticent et ignorant du plan de Dieu pour atteindre Peter. Mais Dieu a choisi d’agir par mon intermédiaire, malgré mon attitude horrible et mon égoïsme.

J’ai passé le reste de ce congrès complètement émerveillé par la fidélité de Dieu et par sa poursuite sans relâche de ses enfants. J’étais encore plus convaincu de mon propre péché, et de la façon dont j’étais un tel obstacle. Imaginez ce que Dieu pourrait faire par mon intermédiaire si j’étais un participant enthousiaste à son Plan directeur.

Mon cynisme a été crucifié cette soirée-là. J’ai vu que Dieu voulait réellement utiliser P2C+ pour réaliser son plan. Non seulement pour atteindre les autres, mais aussi pour transformer mon cœur.

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