Photo par Ryan McGuire

 

Lettre à moi-même,

 

Aujourd’hui, c’est un grand jour et tu le sais très bien.

Tu mets finalement les pieds à l’université après 11 ans d’école maison! T’as un peu le vertige, mais à la rentrée, le monde entier s’offre à toi.

Tu ne te doutes aucunement du point auquel ta première année à l’université sera mouvementée. Côté notes, tu t’en sortiras pas si mal (je sais que c’est très important pour toi en ce moment). Mais spirituellement, ce n’est pas la grosse forme.

 

Tu vas commencer à réaliser que tu as pris des décisions qui t’éloignent de Dieu par défaut.

 

C’est simple. Tu es en train de développer de sérieuses frustrations contre Dieu. Tu vas perdre ta grand-mère injustement. Petit à petit, tu ne comprends plus la pertinence de l’église. Et non seulement tes loisirs ne t’apportent pas autant de satisfaction que prévu, mais ils finissent par te décevoir profondément.  

Tu es tentée en ce moment de blâmer Dieu pour tout ça. Mais à vrai dire, c’est un peu toi la coupable dans cette histoire.

 

Tout a commencé par des décisions qui semblaient avoir du sens au départ. Comme sacrifier le culte du dimanche temporairement pendant la saison de ton loisir (qui prend toute la fin de semaine). Comme diminuer ton temps de repos avec Dieu parce que tes charges d’études sont trop lourdes. Ou comme t’abstenir de former des relations avec les gens autour de toi parce que… tu ne te sens pas chez toi auprès d’eux donc tu ne veux même pas t’essayer.

Toutes ces décisions ont du sens si le but ultime de la vie est d’obtenir la réussite… mais qu’est-ce qui te fait dire que c’est le cas?

 

Tu ne le vois pas encore, mais ta vision du monde est erronée.

 

Tu crois sincèrement que tu peux te mériter l’approbation de Dieu. Et que s’il t’approuve, il te donnera du succès. Au plus profond de ton être, tu vois le succès comme étant l’une des rares preuves tangibles que ta relation est en règle avec Dieu. Le problème est que ce n’est pas une fondation solide.

Tu es pécheresse et tu vis dans un monde brisé. Ça fait qu’à la base, tu es aucunement digne de l’amour ou du soutien de Dieu dans ta vie. Tu sais que Jésus est mort pour expier tes péchés, sauf que tu ne saisis pas encore l’étendue de son oeuvre dans ta vie.

À vrai dire, Jésus est l’unique raison pour laquelle Dieu est pour toi.

Il a TOUT accompli à ta place sur le mont du Calvaire et donc il n’a pas du tout besoin de ta contribution. Il ne te reste plus RIEN à mériter que Jésus n’a pas déjà mérité pour toi.

Lorsque Jésus t’a ramenée à la vie, Dieu a déclaré : « Tu es ma fille bien-aimée, en toi je trouve mon plaisir! » Ce n’était pas une déclaration sentimentale du moment, c’était un verdict qui tient à tout jamais. Tout de ta vie, dont le succès que Dieu te donne, doit alors être compris dans le cadre de ta nouvelle identité. Être utilisée par Dieu n’équivaut pas nécessairement à vivre la réussite que l’on espère. Tu vas bientôt voir que Dieu est capable de se servir de toi davantage dans l’échec. Et ça, même — et surtout — si tu ne vois pas comment c’est possible. 

Je comprends que ce n’est pas facile à digérer parce que cette façon de penser est profondément ancrée en toi depuis toujours. Je sais qu’au fond, tu désires vivre une grande vie qui va aider beaucoup de gens et révolutionner le monde. Mais ta compréhension du plan de Dieu dans ta vie est trop étroite.

 

Sais-tu pourquoi tu luttes à saisir comment Dieu peut rester bon même s’il permet l’échec?

 

Tu te dis : « Si c’est vrai que Dieu m’accepte déjà entièrement, alors pourquoi vis-je encore dans la déception et la défaite? » Tu sais, tu vis dans un monde brisé : le royaume auquel tu aspires n’est toujours pas descendu sur terre.

Tu vis tiraillée entre le « déjà là » et le « pas encore » du christianisme. Tu as besoin d’entendre que ce que tu vis est parfaitement normal.

 

Oui, tu as raison, ça ne veut pas dire que c’est correct. Mais Dieu a plus d’un tour dans son sac.   

Ton plus grand problème n’est pas que tu ne passes pas assez de temps avec Dieu ou pour lui. Ton plus grand problème est que tu ne lui fais pas confiance.

C’est la grande tragédie de tes 17 ans : tu prétends déjà faire confiance à Dieu, ce qui n’est tellement pas le cas (c’est pourquoi tu bâtis autant ta vie autour du succès et du pouvoir, d’ailleurs).  Il y a peu de choses qui te font autant peur que la possibilité de perdre le contrôle.

Je pense que souvent tu ne t’en rends même pas compte. Mais de l’aide arrive, Dieu s’apprête à t’ouvrir les yeux. Car tu vas admirer la grande tendresse d’un Dieu souverain envers toi pendant ton temps à l’université.

 

Dieu va laisser plusieurs choses se produire dans ta vie pour t’aider à y voir plus clair.

 

Il va temporairement te retirer la sensation de sa présence, ce qui va t’amener à la repentance. Il va t’inviter à te réinvestir dans ton église locale même si ça ne te tente pas (tu vas apprendre que c’est mieux de ne pas trop s’écouter des fois!). Il va laisser plusieurs rêves s’écraser en plein vol parce qu’ils constituaient des idoles qui t’empêchaient de lui donner ton coeur.

Il va t’appeler à placer tes priorités (et tes études!!) au second rang pour servir Jésus dans ton université en mission avec d’autres croyants. Tu vas bientôt faire un voyage missionnaire à Montréal (oui, Montréal… t’as bien lu) qui t’inspirera au max et changera le cours de ta vie. Puis à ta dernière session, tu vas entrer dans le ministère à temps plein et apprendre que même ta sécurité financière ne fait pas le poids face à Dieu.

En d’autres mots, dans le désert, il va parler à ton coeur et lui prouver qu’il est véritablement digne de confiance (Osée 2:14).

Vois-tu, la fidélité de Dieu n’est pas juste un thème de chants, c’est quelque chose d’absolument essentiel à ta vie. C’est seulement en goûtant à sa fidélité que tu vas voir à quel point il est bon.

D’une certaine façon, c’est une leçon qui va durer toute ta vie. La sanctification, le fait de ressembler davantage à Jésus, c’est le long processus qui consiste à laisser le Saint-Esprit convertir les parties non converties de ton coeur. Et crois-moi, il y en a de la job!

Tout ça, tu vas commencer à le vivre bientôt d’ici un mois mais — prends courage, ça va vraiment bien aller. Dieu t’aime beaucoup trop pour te laisser tel que tu es, et tu lui seras éternellement reconnaissante.

 


Élizabeth Lecavalier


C’est pendant ses études à l’École de gestion John-Molson qu’Élizabeth a d’abord commencé à s’impliquer avec Pouvoir de Changer – Étudiants (P2C). Par la suite, elle a fait le meilleur stage au monde au sein de l’équipe Expansion Québec de P2C. Elle sert maintenant en tant qu’équipière P2C, oeuvrant sur certains campus montréalais tout en contribuant à notre blogue. Élizabeth aime éclater de rire avec ses amis et est constamment à la recherche de bonnes histoires.


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